C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée
Par Leto le mercredi 26 août 2009, 01:39 - L'Instant Ciné - Lien permanent
J’avais voulu le voir avec un pote il y a trois ans, lors de sa sortie. Mais suite à un sombre cafouillage e-mailo-téléphonique et un planning mal défini, nous avions raté lamentablement notre dernière chance d’aller le voir en salles. C’est donc en DVD que j’ai découvert ce film de Jean-Marc Vallée, l'an dernier, pendant mon semestre "Off Da Blog".

Zac Beaulieu est né le 25 décembre 1960. De fait, il déteste Noël parce qu’au lieu de lui faire deux cadeaux, on lui en fait systématiquement un plus gros qu’aux autres, mais jamais ce qu’il a demandé. En plus de ça, il est le 4ème d’une fratrie de cinq, et le souffre douleur de Christian, l’aîné.
Zac est différent de ses frères. Il le sent, il le sait. Mais il sait aussi que pour être aimé de son père, il doit se défaire de cette différence. Qu’un de ses fils puisse aimer les garçons est inimaginable pour Gervais Beaulieu.
Le film suit donc Zac à travers les vingt premières années de sa vie. Son affirmation progressive de sa personnalité, de sa sexualité, sa prise d’autonomie et sa relation à sa mère, ses frères et, évidemment, à son père.
J’aime beaucoup ce film, c’est une histoire comme il y en a certainement eu beaucoup et comme il y en a certainement toujours beaucoup. Elle semblera encore intemporelle pour quelques décennies à mon avis, scène du psy comprise, même si le fait de la placer dans les 60’s et 70’s permet de lui donner une palette chromatique et sonore particulière. *
Pantalons pattes d’eph, petits tee-shirt serrés, viennent émailler les garde robes pendant les 70’s et on sent l’arrivée de la New Wave et du pop-rock gotho cuir des années 80’s dans les dernières tenues de Zac. Musicalement, c’est tout aussi varié : Sympathy For The Devil des Stones, Space Oddity de Bowie, Emmenez-moi d’Aznavour, 10:15 Saturday Night des Cures, The Great Gig In The Sky des Pink Floyd et puis, la chanson titre et fil rouge du film, Crazy de Wilie Nelson par Patsy Cline.
On rit, on est ému et on s’attache à Zac au cours du film. Si le physique de jeune premier d’Emile Vallée y est certainement pour quelquechose, son histoire en est la raison principale. Au-delà de l’histoire homocentrée, ce sont les relations du personnage avec ses proches, et ses moins proches, qui font raisonner en chacun d’entre nous des cordes intimes. Ce qui touche ici c’est l’humanité des personnages : l’amour qu’ils ont les uns pour les autres, leurs désarrois, leurs désespoirs… Loin de l’exploration des ténèbres intérieures de chacun, loin des personnages romantiques noirs torturés prompt à couper les cheveux en quatre qu’affectionne le petit milieu de la critique française, on a ici des personnage entiers, vrais et sincères.
Les 20 dernières minutes du film sont, d’ailleurs, particulièrement bien vues à mon sens. Que ce soit les réactions de la mère, ou du père, égal à lui même, et le court épilogue. Si la narration en voix off et la mise en images accentuent éventuellement le côté ‘’spectacle offert à nos yeux’’ du film, il faut réellement manquer d’empathie et de psychologie pour rater toute la justesse, la subtilité et la retenue de ces 20 minutes qui bouclent le film magistralement.
Pour moi, C.R.A.Z.Y. est clairement un must have dans une filmothèque, digitale ou physique, qu’on soit pédé ou pas.
*C'est ce qu'à compris un candidat de télé réalité dans une émission
diffusée pas plus tard qu'hier soir. Pour la première fois depuis longtemps
jamais, TF1 a fait une émission qui soit nettement moins poubelle qu'on
aurait pu l'attendre. On ferait bien le koala en le prenant pour un
arbre lol

Commentaires
J'me rappel avoir déliré sur certaines coiffure du personnage Zac et d'avoir essayé sur moi : Bide Total ! :D
Il devait avoir une sacrée équipe de coiffeur derrière lui pendant le tournage.
Sinon sur le plan cinéma, je n'aurais pas mieux dit que toi, tout y est